Accueil
ACTUS JV
Vidéos
Boutique
Memberships
STREAM HUB
Ambassadeurs
  • Image
    Xbox sacrifie Avowed 2 pour confier Fallout à Obsidian : le retour rêvé, obtenu au pire prix

    C’est une annonce qui aurait dû provoquer une explosion de joie chez les amateurs de RPG : Obsidian Entertainment travaillerait de nouveau sur Fallout, sous la direction de Josh Sawyer, l’homme qui avait dirigé Fallout: New Vegas.

    Mais derrière cette perspective presque irréelle se cache une décision beaucoup plus brutale. Selon une enquête de Bloomberg relayée par plusieurs médias, Xbox aurait annulé une suite à Avowed, ainsi que plusieurs projets encore non annoncés, afin de recentrer Obsidian sur la franchise post-apocalyptique de Bethesda. Microsoft et Xbox n’ont toutefois pas encore officialisé le jeu.

    Le rêve d’un nouveau Fallout par Obsidian est donc peut-être en train de devenir réalité. Mais il naît sur les ruines d’une partie du studio.

    Avowed 2 disparaît avant même d’avoir été annoncé

    Sorti en 2025, Avowed devait ouvrir un nouveau chapitre pour l’univers d’Eora, déjà utilisé dans les deux Pillars of Eternity. Le jeu n’était pas parfait, mais il possédait une véritable identité : une direction artistique colorée, un système de combat dynamique et une conception du RPG plus concentrée que les immenses mondes ouverts contemporains.

    Obsidian préparait déjà une suite. Le projet aurait même suffisamment progressé pour être considéré comme l’un des futurs jeux importants du studio. Il ne verra finalement pas le jour dans sa forme actuelle.

    Cette annulation ne serait pas isolée. Plusieurs productions non annoncées auraient également été abandonnées afin de réduire le nombre de projets menés simultanément par Obsidian. Le studio continuerait néanmoins à travailler sur le suivi de Grounded 2 et sur les contenus supplémentaires de The Outer Worlds 2.

    Ce choix marque probablement la fin de la stratégie qui avait transformé Obsidian en véritable usine à RPG pour Xbox. En quelques années, le studio avait multiplié les productions de tailles très différentes : Grounded, Pentiment, Avowed et The Outer Worlds 2. Cette diversité était précisément devenue sa force.

    Désormais, Microsoft semble vouloir remplacer cette liberté créative par une mission beaucoup plus simple : exploiter une licence déjà connue et immédiatement rentable.

    Fallout revient chez ceux qui ont créé New Vegas

    Sur le papier, le choix d’Obsidian paraît pourtant évident.

    Le studio a développé Fallout: New Vegas en seulement dix-huit mois, à partir de la technologie de Fallout 3. Malgré ses problèmes techniques à sa sortie, le jeu est progressivement devenu l’un des épisodes les plus respectés de la série grâce à son écriture politique, ses factions complexes, ses multiples embranchements et la liberté réelle laissée au joueur.

    Le nouveau projet serait dirigé par Josh Sawyer, directeur de New Vegas et de Pentiment. Obsidian travaillerait également avec Bethesda, propriétaire et principal gardien de la licence.

    Mais rien ne permet encore d’affirmer qu’il s’agira de Fallout: New Vegas 2. Le lieu, la période, la structure et même l’ampleur du jeu restent inconnus. Il pourrait s’agir d’un épisode majeur, d’un projet intermédiaire destiné à faire patienter avant Fallout 5, ou d’une production totalement différente.

    Il faut donc résister à la tentation de transformer immédiatement cette information en annonce officielle de New Vegas 2. Pour le moment, la seule affirmation solide est qu’un nouveau Fallout serait entré dans une phase encore précoce chez Obsidian et que ses plans pourraient évoluer.

    Un cadeau empoisonné pour Obsidian

    Le principal problème n’est pas le choix de Fallout. Le principal problème est l’état dans lequel Microsoft laisse le studio chargé de le développer.

    Obsidian aurait perdu environ un quart de ses effectifs pendant la restructuration de Xbox. Un document administratif californien fait état d’au moins 52 suppressions de postes, tandis que d’autres estimations évoquent entre 60 et 70 départs touchant la production, l’écriture, l’art, la programmation, le design et l’assurance qualité.

    Microsoft a officiellement présenté cette opération comme la plus importante restructuration de l’histoire de Xbox. Le groupe prévoit de supprimer environ 3 200 postes au cours de son exercice fiscal, dont 1 600 immédiatement, tout en faisant sortir quatre studios de son organisation.

    La contradiction est difficile à ignorer : Xbox confie à Obsidian l’une des licences les plus importantes de son catalogue, tout en supprimant une partie considérable des personnes qui auraient pu construire ce jeu.

    Un RPG comme Fallout demande des années de travail, des centaines de personnages, des milliers de lignes de dialogue, des systèmes complexes et une quantité massive de tests. Ce n’est pas une production que l’on accélère simplement en annulant d’autres jeux et en transférant les employés restants sur une franchise plus célèbre.

    Microsoft semble considérer Fallout comme une valeur sûre. Mais aucune licence n’est sûre lorsque les studios perdent leurs équipes, leur stabilité et leur capacité à planifier sur plusieurs années.

    Avowed paie son absence de statut “incontournable”

    L’annulation d’Avowed 2 montre également ce que devient la stratégie Xbox.

    Il ne suffit plus qu’un jeu soit apprécié, correctement réalisé ou capable d’installer progressivement une nouvelle licence. Il doit immédiatement justifier son existence face à des marques mondiales comme Fallout, Minecraft, Call of Duty ou The Elder Scrolls.

    Avowed n’avait pas encore eu le temps de devenir une série majeure. Le premier épisode devait servir de fondation. Une suite aurait pu corriger ses défauts, approfondir son univers et donner à Obsidian l’occasion de construire son propre équivalent de The Elder Scrolls.

    C’est souvent ainsi que naissent les grandes licences. Le premier jeu établit les bases, le second affirme l’identité et le troisième transforme la série en référence. En supprimant le deuxième épisode, Xbox ne sanctionne pas seulement un jeu : l’entreprise empêche une licence de prouver ce qu’elle aurait pu devenir.

    La décision est économiquement compréhensible. Fallout bénéficie d’une popularité immense, renforcée par son adaptation télévisée, tandis que Bethesda reste occupé par The Elder Scrolls VI et que le véritable Fallout 5 semble encore lointain.

    Mais culturellement, cette stratégie crée un cercle vicieux. Les nouvelles licences sont abandonnées parce qu’elles ne sont pas encore assez fortes, tandis que les anciennes deviennent incontournables précisément parce qu’elles reçoivent toutes les ressources.

    Le Fallout que les joueurs réclamaient, mais pas de cette manière

    Voir Josh Sawyer et Obsidian revenir sur Fallout reste une perspective majeure. Peu de studios comprennent aussi bien le RPG narratif, les choix politiques, les dialogues à embranchements et les conséquences réellement intégrées au monde.

    Un Fallout développé par cette équipe pourrait remettre au centre ce qui faisait la force de New Vegas : des factions imparfaites, des conflits idéologiques crédibles et un joueur qui ne se contente pas de choisir entre une bonne et une mauvaise réponse.

    Mais ce retour ne doit pas effacer ce qui l’accompagne.

    Des dizaines de développeurs perdent leur emploi. Des projets disparaissent. Une nouvelle licence prometteuse est stoppée avant d’avoir pu évoluer. Et un studio autrefois célébré pour sa créativité est réorganisé autour d’une marque que Microsoft juge plus rentable.

    Xbox vient peut-être de commander le meilleur Fallout possible. Mais en sacrifiant Avowed et une partie d’Obsidian pour l’obtenir, l’entreprise prend aussi le risque de détruire précisément ce qui rendait ce studio capable de le réussir.